Dans les champs des Flandres, les coquelicots ondoient parmi les croix alignées, qui marquent notre emplacement ; et dans le ciel les alouettes volent, chantant toujours bravement mais à peine audibles parmi l’aboiement des canons. In Flanders fields est le poème anglais le plus célèbre de la Grande Guerre ; celui qui fit du coquelicot – poppy – le symbole des soldats de l’Empire britannique tombés lors des hostilités ; la fleur du souvenir. John McCrae rédigea ce poème le 5 mai 1915. Chirurgien de brigade au sein du Corps expéditionnaire canadien, il se trouvait dans le saillant d’Ypres, confronté presque à chaque instant à l’horreur. Dans son abri, John McCrae voyait défiler des centaines de blessés, notamment ceux touchés par les gaz, utilisés pour la première fois par les Allemands en avril. « We are the Dead. Short days ago we lived, felt dawn, saw sunset glow, Loved and were loved, and now we lie In Flanders fields. » En décembre 1915, In Flanders fields fut publié dans le magazine anglais Punch ; sa célébrité augmentant de jour en jour alors que la guerre se poursuivait.
Médecin, soldat et poète, John McCrae naquit à Guelph (Ontario) le 30 novembre 1872. Il effectua de brillantes études de médecine, avec à la clé un doctorat décroché en 1898. L’année suivante, il recevait une bourse pour faire des études de pathologie à l’université McGill de Montréal… Études que McCrae reporta afin de participer à la guerre des Boers en Afrique du Sud. Revenu au Canada en 1901, le « médecin le plus doué de sa génération » s’orienta vers la médecine clinique. Publiant régulièrement des poèmes dans des revues universitaires.
En 1914, décidé « à combattre l’injustice coûte que coûte », John McCrae rejoignit le Corps expéditionnaire canadien. Neuve-Chapelle, Ypres, les champs de bataille des Flandres. En juin 1915, le lieutenant-colonel McCrae devint le médecin chef de l’hôpital général canadien n° 3 à Boulogne-sur-Mer, y retrouvant d’ailleurs des collègues de l’université de Montréal et logeant sous la tente comme les soldats les plus humbles. Le chirurgien désapprouva d’ailleurs la visite de la reine d’Angleterre parce qu’elle troublait le fonctionnement de l’hôpital. Usé par les interventions, et par la guerre tout simplement, McCrae tomba malade au début de l’année 1918 : pneumonie doublée d’une méningite. Il mourut le 28 janvier 1918, quatre jours après avoir été nommé médecin consultant auprès de la 1ère armée britannique – le premier Canadien à ce poste. John McCrae fut inhumé au cimetière militaire de Wimereux, le cortège étant emmené par son cheval « Bonfire ».
En 2007, la Royal British Legion Factory Ltd a fabriqué 38 millions de coquelicots artificiels, 100 000 couronnes et 900 000 croix du Souvenir !
À l’occasion des commémorations du 90e anniversaire de la fin de la Grande Guerre, la mémoire du médecin, soldat et poète John McCrae sera honorée au cimetière de Wimereux le mardi 11 novembre à 15 h 45 en présence notamment de Dominique Dupilet, président du conseil général du Pas-de-Calais. À 16 h 30, dans les salons des Jardins de la Baie Saint-Jean (rue Sainte-Adrienne à Wimereux), les écrits de différents poètes, acteurs de cette catastrophe humaine (dont Wilfried Owen et John McCrae), seront lus par le Quatuor Nemrana, accompagnés d’œuvres musicales originales composées par de jeunes créateurs inspirés par le sujet. « Des plumes contre les canons », entrée libre.