Le brave « Padre » de Bucquoy

Ce dimanche 19 octobre 2008, dans l’église d’un village du nord-ouest de l’Angleterre, Hutton Roof, un « Thanksgiving Service » sera célébré à la mémoire du Révérend Theodore Bayley Hardy. Il y a quatre-vingt-dix ans (le 18 octobre pour être précis), cet aumônier militaire s’éteignait à l’hôpital de Rouen où il avait été admis après avoir été blessé huit jours plus tôt lors de la bataille de la Selle. « On prononcera toujours son nom avec respect », écrivait le colonel Hitch à la famille du révérend. Theodore Bayley Hardy est toujours considéré comme l’un des non-combattants « le plus décoré » de la Première Guerre mondiale. Un aumônier militaire vraisemblablement pacifiste dans l’âme. C’est dans le Pas-de-Calais, près de Bucquoy, à l’est de Gommecourt que le « Padre » comme l’appelaient les hommes du 8e bataillon du régiment du Lincolnshire, glana la Victoria Cross – la plus haute des distinctions militaires du Commonwealth. À trois reprises, les 5, 25 et 27 avril 1918, faisant fi des bombardements et de la mitraille, le vaillant révérend avait porté secours à des blessés. La première fois, alors qu’il suivait une patrouille attaquant un poste ennemi, le « Padre » soutint un officier sérieusement touché à quatre cents de ses lignes et le ramena dans son camp, ignorant les tirs des mitrailleuses. La deuxième fois, le révérend Hardy « déterra » deux hommes recouverts de terre et de cailloux après des bombardements : il sauva l’un des deux, l’autre mourut avant l’arrivée des secours. La troisième fois, avec un sergent, il alla chercher un soldat blessé, étendu à dix mètres d’une casemate allemande.
La 9 août 1918, le roi d’Angleterre lui remettait la Victoria Cross à Frohen-le-Grand, l’incitant fortement à quitter le front… Mais le révérend Hardy, 55 ans, refusa de « quitter les garçons ». D’ailleurs, il avait toujours voulu être au plus près de la mort et de la souffrance. Nommé aumônier du camp d’Étaples au milieu de l’année 1916, il fit des pieds et des mains pour que les autorités militaires le mutent dans les tranchées ! Et en décembre 1916, le « Padre » était affecté au 8e Lincolns à Vieille-Chapelle. Combien de fois, les Tommies passant des nuits entières dans les tranchées des Flandres (Ypres, Passchendaele) entendirent-ils la voix familière du « Pilote du ciel » apportant cigarettes et bonbons en disant : « N’ayez pas peur les gars, ce n’est que moi ! » Combien de fois le virent-ils soutenir les blessés recouverts de boue, prier avec les mourants.

Légende : Theodore Bayley Hardy avait vu le jour le 20 octobre 1863 à Exeter. Trois aumôniers militaires reçurent la Victoria Cross durant la Grande Guerre.

Une réponse vers «Le brave « Padre » de Bucquoy»

  1. Bruno dit :

    Bonsoir !

    Mon arrière grand-père était soldat dans le 8ème bataillon du régiment Lincolnshire…

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