La rédaction de L’Écho du Pas-de-Calais travaille activement à la réalisation d’un numéro spécial « 90e anniversaire de la fin de la Grande Guerre ». Un journal de 24 pages distribué dans les boîtes aux lettres début octobre 2008 et entièrement consacré aux différentes nationalités qui sont venus combattre ou travailler dans notre département durant la Première Guerre mondiale. Pour reprendre les termes de Xavier Boniface, professeur de l’université du Littoral, « le Pas-de-Calais était un condensé du monde en guerre : des dizaines de nationalités s’y côtoyant ». Nos recherches sont passionnantes ; elles nous rappellent que cette Grande Guerre fut une « boucherie », elles nous entraînent vers d’incroyables histoires de soldats, des histoires d’hommes tout simplement. Un de nos plus fidèles informateurs vit en Ontario : Michel Gravel, 41 ans, est devenu une référence dans le domaine de la présence canadienne sur le front occidental. Chaque semaine, Michel nous livre des pistes étonnantes…
La dernière en date : le parcours de Raymond Brutinel. Un Français qui a combattu dans les rangs de l’armée canadienne ! Né dans l’Aude en 1882, Raymond Brutinel part à la conquête de l’Ouest canadien en 1905. Et il fait fortune, arpentant le tracé du Grand Trunk Railway. Il devient même le rédacteur en chef du Courrier de l’Ouest à Edmonton. La guerre éclate et Raymond Brutinel utilise une partie de sa fortune pour créer et entretenir une brigade d’automitrailleuses… Unité qui intervient sur le front occidental sous son commandement. Il avait obtenu l’autorisation de garder la nationalité française et de combattre aux côtés des alliés du Commonwealth. Protagoniste de la guerre de mouvement, il fait appliquer le tir indirect – une trajectoire courbe – aux Canadiens et aux Anglais, notamment lors de la bataille de Vimy. Ses automitrailleuses contribuent à stopper l’offensive allemande de mars 1918. Revenu en France après l’Armistice, Raymond Brutinel mettra sur pied durant la Seconde Guerre mondiale un réseau d’évasion de pilotes et de prisonniers.
Il s’éteint le 21 septembre 1964 dans le château de Couloumé-Mondebat (Gers) qu’il avait racheté. Le brigadier-général Raymond Brutinel avait conservé de nombreuses attaches avec le Canada.
Légende : Une des automitrailleuses de la brigade créée par Raymond Brutinel.