La Grande Guerre racontée aux Méricourtois
Passionné par l’histoire locale et « citoyen impliqué », Jean-Claude Hénaut prépare avec le concours du centre culturel et social Max-Pol Fouchet de Méricourt, le 90e anniversaire de la fin de la Grande Guerre. Il a imaginé une randonnée contée (la date n’est pas encore connue avec précision) à travers les rues de la ville à partir de documents que son père lui avait confiés. « J’ai sorti cet album de photographies et cartes postales il n’y a pas longtemps. » Cartes postales et photos qui l’ont beaucoup ému et l’ont incité à « écrire » cette randonnée évoquant Méricourt durant la Grande Guerre. « Sortir des tranchées, ne pas oublier les hommes et ne pas seulement mettre à l’honneur les généraux. » Au dos des cartes postales, des courriers envoyés par une famille méricourtoise, par Henri Lévecque (adjudant du 33e RI, tué dans la Somme en octobre 1916), entre autres, l’historien local a relevé beaucoup d’informations… Sur la situation des réfugiés par exemple. Méricourt, située sur la ligne de front (les « Prussiens » arrivant le 9 octobre 1916), fut évacuée. Le 17 avril 1917, l’armée allemande organisa cette évacuation vers la Belgique. Beaucoup d’habitants se retrouvèrent toutefois dans le Haut-pays d’Artois, du côté de Fruges. Jean-Claude Hénaut a décortiqué ces « lettres apaisantes. Il n’y a pas de violence dans les mots. On n’ignore pas la guerre mais on tourne autour ». Une langue de bois, langue « croix de bois ». À partir de ses documents, l’historien local a mis en scène des épisodes de la vie méricourtoise entre 1914 et 1919. Quarante-cinq minutes de marche pour évoquer six années terribles. « Après la catastrophe de Courrières en 1906, la population vivait un nouveau truc horrible ». Jean-Claude Hénaut a également lu « entre les noms » du monument aux morts. De Martial Deshorties mort pour la France le 18 août 1914 à Dinant, à Adolphe Donnez mort en captivité en Allemagne en décembre 1918, un hommage sera rendu à tous ces Méricourtois fauchés en pleine jeunesse. Durant la Première Guerre mondiale, la ville fut détruite à 100 %. En se retirant, l’ennemi fit sauter les cuvelages au niveau des nappes aquifères, détruisit les installations de surface des mines de Courrières et de Drocourt. Les premiers retours s’effectuant en 1920, la reconstruction étant achevée en 1930, marquée par une « fête de la Renaissance ».